‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 164 sur 387 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

AFRANIUS

Des coupables toujours la défense est la même ; Devant le tribunal tu t'en pourras servir ; Allons, suis mes licteurs.

PAUL

Sois clément, dummvir ; Son erreur, en effet, ne fut point criminelle.

AFRANIUS

Il se peut, mais je tiens à refroidir son zèle : Les murs de la prison, comme il te l'a montré, Sont très frais. — Adieu, Paul. Reste ou pars à ton gré; Si tu restes, ne crains aucune violence ; C'est de votre côté que penche la balance, Chrétiens ; vous saignerez encor de bien des coups, Mais le jour n'est pas loin du triomphe pour vous. Moi, je dis en riant : autre temps, autre muse ! Et je le dis depuis longtemps. Cela m'amuse ! Paul, nous serons amis, si tu restes. — Allons, Elymas ! si la peur te vient mordre aux talons, Ne le laisse point voir : j'aime que l'on soit brave ; Et pas d'illusions surtout : l'affaire est grave !

ELYMAS

Puisse le feu du ciel ensemble anéantir Et Romains et chrétiens !

AFRANIUS

Passe devant, martyr !

Raille-moi, duumvir, et ne me fais point grâce. Vaincu, haï, brisé, je ressemble à ma race. Mais le temps est à nous : On peut vaincre Israël, Disperser ses tribus aux quatre vents du ciel, L'écraser, l'avilir sous quelque joug immonde ; Le tuer, non 1 Le jour où finira le monde,

L APOTRE

Sous le dernier soleil, à la face de Dieu, Quelqu'un sera debout, un homme, un Juif ! Adieu ! lll sort, suivi d'Afranius, des licteurs et des Juifs).

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