‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 208 sur 387 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

SOFIA

Ecoute...

MAHOMET, toujours endormi.

Ayesha... Safwan...

Anges, parlez, parlez ! non, non, allez-vous-en ! Le prophète... trahi... Mahomet... quelle honte ! Cela n'est pas !

SOFIA, bas à Hafsa.

Cela sera !

MAHOMET, endormi.

Ce qu'on raconte N'est pas vrai, non, non !

SOFIA, bas à Hafsa.

Viens plus loin. — Écoute bien.

Ce qu'il rêve sera. J'ai trouvé le moyen. Ayesha, Mahomet, ta rivale et l'apôtre, Tu les verras un jour sous tes pieds l'un et l'autre. Le veux-tu ?

HAFSA

Si je veux !

SOFIA

Oui, mais il faut m'aider, Et, quand viendra l'instant, m'obéir sans tarder ; Promets-le.

HAFSA

Je le jure !

MAHOMET, endormi.

Ayesha... c'est infâme !

SOFIA, à Hafsa.

Toi, tu voulais tuer le corps... nous tuerons l'âme ! Comprends-tu ?

300 MAHOMET

HAFSA

Je comprends que tous deux souffriront, Je comprends que c'est toi qui venges mon affront, Qu'une force est en toi plus grande que la mienne ; Juive, je serai donc ton esclave et ta chienne.

(Regardant Mahomet.) Qu'il faut l'avoir aimé pour le haïr ainsi 1

SOFIA

Va-t'en, mais sois, avec ton frère, près d'ici.

(Elle la conduit à pas lents vers la porte de droite, puis revient seule.

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