‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 21 sur 387 · SCÈNE IV AMAURY, RADBERT, BERTHE, GÉRALD · texte numérisé non relu

SCÈNE IV AMAURY, RADBERT, BERTHE, GÉRALD

Sire comte, chez vous me voilà prisonnière. Savez-vous toutefois s'il est quelque manière D'échapper aux Saxons en sortant de vos murs ?

GÉRALD

Madame, il n'en est point.

Tous, vous en êtes sûrs ?

AMAURY

Oui, madame. Restez. Mais c'est vous qui, peut-être, Protégerez ici la maison et le maître ; Et j'ose dire, ému d'un respect grave et doux, Comme autrefois Tobie : un ange est près de nous !

Dieu préserve mon cœur des vanités frivoles ! Mais, comte, pour payer ces courtoises paroles Et me montrer du moins digne d'un tel accueil, Mon nom seul suffira, si je n'ai trop d'orgueil, Et vous tressaillirez à tout ce qu'il rappelle, Vous, chevalier de France et chevalier fidèle !

Quel est-il donc, ce nom ? Parlez, parlez !

Je suis Nièce de Charlemagne, orpheline depuis Le jour de Roncevaux : on appelait ma mère La belle Aude, le duc Roland était mon père.

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