‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 228 sur 387 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Allons! Es-tu folle à ce point...

SOFIA

Je ne te dis qu'un mot : Hafsa ne mentait point I

MAHOMET, s'élançant sur elle, lui saisissant les poignets, puis la rejetant au loin .

Non ! mourir de ma main, ne Fespère pas, femme I Suis-moi; ce qui t'attend, c'est le supplice infâme, Le fouet des chameliers, le bâton des soldats...

SOFIA, prenant un flacon d'or quelle porte à sa ceinture.

Maître, je bois ceci — si tu fais un seul pas ! C'est la mort, le salut et l'honneur ! Toi, prends garde 1 L'œil des morts se rallume au ciel et te regarde; L'œil des vivants te suit, peut-être moins clément : Ayesha rit de toi. Prophète, en ce moment, Safwan rit aussi ! Leur joie est naturelle, Car tu ne peux plus rien contre lui ni contre elle : Tu viens de proclamer hautement leur vertu ! En les interrogeant, — même le voudrais-tu! — Tu n'irais pas au fond de leur âme adultère : Tu viens de leur apprendre ici l'art de se taire ! D'ailleurs, tu feras bien de ne plus t'émouvoir; Mieux vaut ne pas punir, mieux vaut ne pas savoir ; Le silence est l'ami de la gloire outragée !

MAHOMET

Sors. Mais reviens, ce soir, ici.

SOFIA, à part, en sortant.

Je suis vengée!

FIN DU QUATRIEME ACTE

Page 1