‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 234 sur 387 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

MAHOMET, toujours absorbé.

Heureuse... pour qui donc?

ABOU-BECKER

Pour nous comme pour toi Nos ennemis vaincus reconnaissent ta loi ; Les Syriens, les Grecs, les Romains de Byzance, S'inclinent à la fois sous ta toute-puissance, Le roi de Perse même à la fin a cédé : L'empire de l'Islam est à jamais fondé !

MAHOMET, se réveillant à peine.

Bien!

ABOU-BECKER

Devant le bonheur que le ciel nous envoie, Prophète, de ta part j'attendais plus de joie.

Tais-toi ! je ne suis plus le Prophète !

ABOU-BECKER

Comment ?

MAHOMET

La bouche qui le dit est la bouche qui ment ! Non, non, je ne suis plus l'apôtre qu'on acclame-, Le Prophète de Dieu... Demande à cette femme !

ABOU-BECKER

Ayesha ?...

MAHOMET, avec plus d'égarement et de violence.

Maintenant, le moyen, le moyen De tout sauver... qui donc me le dira ? Rien rien ! Non, je ne trouve pas ! Le feu qui me dévore Brûle sans m'éclairer. Malheureux ! cherche encore !

(Après nn silence", reprenant un calme soudain, et presque en souriant.)

J'ai trouvé !

ABOU-BECKER

Que veux-tu dire ?

340 MAHOMET

MAHOMET

Pas devant eux !

Reste, mon père.

(A Ayesha et à Safwan.)

Et vous, sortez, sortez tous deux.

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