‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 243 sur 387 · SCÈNE PREMIÈRE FRANCO, puis VENIERI · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE FRANCO, puis VENIERI

(Trois secrétaires (rôles muets) travaillent à une grande table au fond à gauche. Franco est assis à la table de l'Arétin, à droite, où il écrit; un valet arrive du fond et lui donne une lettre.)

FRANCO

Comment! c'est Venieri qui veut me voir? Sans doute! Un vieil ami ! J'y vais.

(Il va à la table du fond, distribue de la besogne aux secrétaires tout en parlant. — A Venieri qui paraît timidement, du fond.)

Viens donc !

VENIERI, s'arrêtant sur le seuil.

D'abord, écoute.

35G LE FILS DE l'àRÉTIN

FRANCO

Entre !

VEMERI

Je n'ose pas : avec ces habits-là !

C'est trop beau, ce palais !

FRANCO

Eh ! qu'importe cela ?

VEMERI

Ton maître, FArétin...

FRANCO, l'entraînant à l'avant-scène.

Viens, que je t'examine !

Je t'ai connu jadis de moins funèbre mine Et, comme ton esprit, ton linge était plus fin, As-tu quelques ennuis ?

VEMERI

Un seul : je meurs de faim î Déplore, cher Franco, le sort des calligraphes 1 Adieu les lettres d'or et les nobles paraphes ; Il faudrait ajouter à dix plus d'un zéro Pour savoir ce que m'ont rapporté Cicero, Lactance, Martial, Platon, Saint-Epiphane, Car ma plume passait du sévère au profane Et j'aimais le Romain sans détester le Grec... Un homme m'a perdu, ruiné mis à sec !

FRANCO

Qui donc ?

VEMERI

Gutenberg.

VEMERI

Ah ! c'est logique...

VEMERI

Mais triste 1 Mon cher, l'imprimerie a tué le copiste ;

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