ACTE PREMIER
Bientôt, après le chef qui Faime ou la tolère,
Elle va gangrener la masse populaire.
Et l'œuvre, détestable à chacun de ses pas,
Fait d'autant plus de mal qu'elle descend plus bas !
Moi soldat, je le sais, je sais que tel ouvrage,
En abaissant l'esprit, abaisse le courage !
Qui pense et qui vit mal ne peut pas bien mourir,
La mort est chaste et veut, quand elle vient s'offrir,
Qu'on l'accueille le front calme, l'âme affermie,
Les mains et le cœur purs comme une austère amie !
C'est pourquoi tes leçons, tes exemples aussi,
Sont mauvais ; c'est pourquoi Bayard te traite ainsi,
— Tu ne reverras plus Bayard, quelque bombarde
Peut m'étendre demain sur la terre lombarde ;
Mais j'ai servi mon Dieu, ma patrie et mon roi,
Et j'ai fait quelque bien, peut-être même à toi !
ARÉTIN
Monsieur l'ambassadeur, c'est le roi que regarde Cet affront...
BAYARD, à l'ambassadeur qui le regarde.
Je m'en charge I
L'ENVOYÉ, s'inclinant.
En ce cas...
(Fausse sortie.) ARÉTIN
Prenez garde !
C'est le roi qui m'insulte alors !... Et ce départ...
L'ENVOYÉ, avec une gravité plus grande.
On ne saurait mal faire en imitant Bayard.
ARÉTIN
Ah ! c'est ainsi, vraiment? Puisque l'on veut la guerre ! Avec l'Arétin... C'est qu'on ne le connaît guère ! Vous vous repentirez ! Et d'abord, ce collier !...
(A Agnèse, avec un éclat de rire ) Je te le donne au nom du roi François premier !
(Il le jette aux Arétines.)
37G LE FILS DE l'aRÉTIN
BAYARD
Insolent !
ARÉTIN
Cette plume et cette page blanche, Vous les voyez?... Eh bien, c'est là qu'est ma revanche. Bon chevalier Bavard du Terrail, vous savez Que vous êtes perdu si j'écris...
BAYARD, sortant, suivi de l'Envoyé de France et de son escorte-
Ecrivez !