‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 268 sur 387 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ANGELA

L'ai-jedit?

STELLINA

Je devine.

ANGELA

Ma petite filleule a l'oreille très fine!

Ainsi donc, dans huit jours.

ANGELA

Tu consens, n'est-ce pas ?

STELLINA

Il faut qu'Orfinio le désire en tout cas,

Car je tiens à prouver de la bonne manière

Que, si je suis très gaie, au fond je suis très fière !

ARÉTIN, avançant.

Et vous avez raison ! D'autant plus que je dois Vous parler franchement une dernière fois.

(Il Ja mène vers la tonnelle.) Vous savez qu'il est né d'une faute ?

STELLINA

N'importe, Puisqu'il vit pour l'honneur !

ARÉTIN

Il croit sa mère morte, Il croit qu'elle vécut sans reproche...

STELLINA

Je sais Qu'il est un soldat noble et vaillant, c'est assez ! S'il avait la douleur un jour de tout apprendre, Mon dévoûment pour lui n'en serait que plus tendre.

ARÉTIN

Soyez bénie, enfant, vous qui savez si bien M'épargner ce qu'aurait de triste l'entretien! Il est heureux, mon fils !

392 LE FILS DE l'âRÉTIN

STELLINA

Je veux qu'il me le dise D'abord ! — « Le cœur avant la main », c'est ma devise — Je saurai l'y forcer, et cela très gaîment, Comme je fais toujours ! J'attendais le moment. — Me le permettez-vous, marraine ? Je vous jure Que je serai très grave !

ANGELA, en souriant.

Oh ! Je n'en suis pas sûre !

Mais mon consentement n'a rien de hasardeux... Qui vient là ?

ARÉTIN, regardant au fond.

C'est Franco.

(Angela et Stellina rentrent dans la maison.)

ANGELA

Nous vous laissons tous deux.

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