‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 276 sur 387 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Malheureux! Qu'as-tu fait? Est-ce vrai ! Dis-moi tout ! Dis-moi le jour et l'heure et quel est l'homme infâme Qui jeta ce poison horrible dans ton âme !

STELLINA

Je ne sais pas !

ARÉTIN

Ni moi I Mais c'est possible C'est un très grand projet... tragédie à faire frémir... En vous la racontant je devrais vous punir ! Mais non : Orfinio me chercherait querelle, Vous surtout, Stellina, la chose est naturelle ; Je vous laisse avec lui : vous l'avez désiré ; Je pars, mais dans deux jours, lorsque je reviendrai, Je verrai votre joie à tous les deux, je pense, Et me contenterai de cette récompense, Car il semble, en sortant des jours aventureux, Quand on voit un bonheur, qu'on fut toujours heureux !

— Ton bonheur... Mais on doit obéir à tout âge Stellina me défend d'en dire davantage, J'obéis. Cependant, sans la fâcher, je croi Pouvoir dire un bonheur que je rêve pour moi :

Je voudrais, quand viendront pour moi les heures calmes,

Voir là, parmi les fleurs, à l'ombre de ces palmes

Mêlant leurs voix, leurs jeux, leurs rires triomphants,

Une mère joyeuse, avec de beaux enfants,

Une mère dont l'œil de sérénité brille,

Qui vienne, à petits pas, quand je dirai : « Ma fille ! »

Indulgente, écouter mes propos un peu longs

Et sur mes cheveux blancs pencher ses cheveux blonds !

— Adieu. Voilà mon rêve, Orfinio — Resrarde : Elle sourit déjà, mon fils I — Que Dieu vous garde!

ANGELA

Soyez heureux, enfants !

ARÉTIN

Oui, mais chacun sa part:

Souriez, Stellina, pour votre ami qui part.

STELLINA

Oui, mon père !

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