ACTE DEUXIÈME
Malheureux! Qu'as-tu fait? Est-ce vrai ! Dis-moi tout ! Dis-moi le jour et l'heure et quel est l'homme infâme Qui jeta ce poison horrible dans ton âme !
STELLINA
Je ne sais pas !
ARÉTIN
Ni moi I Mais c'est possible C'est un très grand projet... tragédie à faire frémir... En vous la racontant je devrais vous punir ! Mais non : Orfinio me chercherait querelle, Vous surtout, Stellina, la chose est naturelle ; Je vous laisse avec lui : vous l'avez désiré ; Je pars, mais dans deux jours, lorsque je reviendrai, Je verrai votre joie à tous les deux, je pense, Et me contenterai de cette récompense, Car il semble, en sortant des jours aventureux, Quand on voit un bonheur, qu'on fut toujours heureux !
— Ton bonheur... Mais on doit obéir à tout âge Stellina me défend d'en dire davantage, J'obéis. Cependant, sans la fâcher, je croi Pouvoir dire un bonheur que je rêve pour moi :
Je voudrais, quand viendront pour moi les heures calmes,
Voir là, parmi les fleurs, à l'ombre de ces palmes
Mêlant leurs voix, leurs jeux, leurs rires triomphants,
Une mère joyeuse, avec de beaux enfants,
Une mère dont l'œil de sérénité brille,
Qui vienne, à petits pas, quand je dirai : « Ma fille ! »
Indulgente, écouter mes propos un peu longs
Et sur mes cheveux blancs pencher ses cheveux blonds !
— Adieu. Voilà mon rêve, Orfinio — Resrarde : Elle sourit déjà, mon fils I — Que Dieu vous garde!
ANGELA
Soyez heureux, enfants !
ARÉTIN
Oui, mais chacun sa part:
Souriez, Stellina, pour votre ami qui part.
STELLINA
Oui, mon père !