‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 280 sur 387 · SCENE XI CAMILLA, ANGELA · texte numérisé non relu

SCENE XI CAMILLA, ANGELA

ANGELA, entrant par la gauche.

C'est vous qui demandez à me voir, madame ?

CAMILLA

Oui.

— Je suis la Camilla.

t08 LE FILS DE l'aRÉTIN

ANGELA

La Camilla !

CAMILLA

La mère

D'Orfînio.

ANGELA, l'emmenant à droite après avoir regardé vers la gauche par où Stellina et Orfinio sont sortis.

Parlez plus bas !

CAMILLA

Je ne viens faire Aucun mal ! — Seulement, vous comprenez, je suis Brusque dans mon langage et mes façons! — Et puis, Je conçois bien qu'un ange — et rien là ne me blesse — Qui n'a pas peur du diable ait peur de la diablesse ! J'arrive de Florence et je viens... Mais d'abord Sachez... Je n'ose pas ! C'est absurde, j'ai tort. J'oserai ! — Sachez donc, vous n'en serez pas fîère, Que moi, la courtisane... enfin ! je vous vénère ! Ce que vous avez fait pour mon fils, je le sais, Et je vous aimerais, si j'osais, vous pensez ! — — Quant à moi, vous savez de ma première histoire. Madame, presque tout ; elle est triste, elle est noire, L'Arétin, mon amant, m'abandonna ; je fis Ce que l'on avait fait : j'abandonnai mon fils — Lâche et stupide, va ! — Jusqu'au fond de la honte, Je tombai 1 Cependant, quelquefois on remonte ; Je voulus remonter ; je ne le pouvais pas : Mes efforts ne servaient qu'à me plonger plus bas 1 Quand le diable nous tient, il faut qu'à son service L'on reste. — J'étais pauvre, et pauvreté c'est vice ! — Vous me méprisez ?

ANGELA

Non. Si j'ai bien entendu, C'est au vice orgueilleux que le mépris est dû, Mais on doit accueillir, je le dis à voix haute, Le coupable, s'il a le remords de sa faute.

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