‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 284 sur 387 · SCÈNE XII CAMILLA, ORFINIO · texte numérisé non relu

SCÈNE XII CAMILLA, ORFINIO

CAMILLA, brusquement.

Orfinio, d'abord, donnez moi votre main : Ne vous étonnez pas, je vais vite en chemin ! Mais vous êtes le fils de mon amie, et dame ? Peut-être un peu le mien. Voulez-vous ?

ORFINIO

Oui, madame.

(Il la conduit à la table de droite et la fait asseoir devant lui. j Parlez-moi de ma mère.

CAMILLA

Oui, je viens pour cela.

Cependant, votre père a dû, comme Angela...

ORFINIO

Ils n'en parlent jamais, et malgré mon envie...

CAMILLA, vivement.

On ne peut pas parler des morts toute la vie !

ORFINIO

Il est bon d'en parler quelquefois, cependant, Ce silence obstiné m'étonne. — En attendant,

Vous qui veniez ici prête à me parler d'elle, Vous n'imiterez pas leur réserve cruelle. Vous l'aviez bien connue?

CAMILLA

Oui, certes, et je l'aimais.

ORFINIO

Beaucoup?

CAMILLA

Comme moi-même.

ORFIMO

Elle était belle ?

CAMILLA

Mais...

Quand on la disait belle on n'étonnait personne !

ORFIMO

Et sans doute elle était bonne aussi ?

CAMILLA

Mais... très bonne.

ORFINIO

Son mariage, alors, vous en fûtes témoin?

CAMILLA

Non, en ce moment-là je voyageais... très loin! C'est à Naples que l'on m'apprit votre naissance, — Pourquoi ces questions?

C'est qu'un jour, à Vicence, Des sergents capulets racontaient bruyamment La honte d'une mère... Et comme en ce moment J'entrais, chacun se tut! Ma mère!... Dois-je croire Qu'ils parlaient d'elle?

CAMILLA

Oh ! non, je connais son histoire.

Il ne faut plus songer à tout cela.

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