‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 29 sur 387 · SCÈNE IV RADBERT, AMAURY · texte numérisé non relu

SCÈNE IV RADBERT, AMAURY

AMAURY

Radbert, je suis perdu!

Nayme, ce vieillard noble et loyal entre mille, Ce Nestor des chrétiens dont Roland fut l'Achille, Le duc Nayme chez moi, Radbert, chez Ganelon! — S'il me reconnaissait !

RADBERT

C'est impossible... Non!

On croit Ganelon mort au milieu des supplices ; Et d'ailleurs, vos cheveux blanchis, vos cicatrices, Ce sillon que vos pleurs ont creusé lentement Tromperont les regards...

AMAURY

Eh! le sais-je vraiment?

L'homme garde souvent des traits que rien n'efface. Si le duc me jetait mon vrai nom à la face, Devant Gérald!

RADBERT

Ami, courage jusqu'au bout!

Que le danger nouveau vous retrouve debout ;

Devant le duc prenez une calme attitude.

N'avez dans vos regards aucune incertitude.

Allez vers lui, les yeux tranquilles, le front haut,

Et toutes vos terreurs disparaîtront bientôt;

Les voici : prenez garde 1

(Entrent au fond le duc Nayme et sa suite avec Gérald. Ragenhardl entre aussi, mais reste à l'écart.)

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