SCENE IV ORFIMO, GAMILLA
CAM1LLA
Mon fils ! C'est vrai que je suis fière 1 Écoute : — Pour toi, je fus sévère, avec raison sans doute, Oui ! Mais Angela vient d'unir, tu l'as compris, Dans le même pardon et la mère et le fils ; Du crime de ton cœur absous par ton courage Délivré du remords, reprends le rude ouvrage, Celui qui t'a fait noble et grand, à qui je dois Ces larmes de bonheur qui font trembler ma voix ! Et maintenant je veux... Non, c'est une prière; Tu ne m'as jamais dit : « Je vous aime ma mère ! » Je ne me plaignais point, et je pensais tout bas : « Il a raison mon fils, quand il ne m'aime pas ; Les mères comme moi, je le sais et je tremble, Ont peur qu'endes aimant leur fils ne leur ressemble! » Depuis un an j'avais au cœur ce sombre ennui, Ce désespoir muet, mais je dis aujourd'hui : « Puisque mon fils est brave ainsi, puisque personne Ne va plus loin que lui dès que le clairon sonne, Puisqu'il porte au combat cette âme de lion, J'avais donc dans le cœur quelque chose de bon ! » Tout à l'heure, pendant que le pardon suprême Descendait sur mon front : « Pourvu que mon fils m'aime ! » Me disais-je en pleurant. Il le peut désormais.