‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 317 sur 387 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

FRANCO

La vertu donc triomphe? Qu'on restaure Les dômes de Saint-Marc ! Vive le Bucentaure ! — Cependant qui paiera vos dettes? Ce n'est pas Venise ! On vous l'a dit, elle est pauvre. En tout cas, Quand même l'on paierait pour vous toute la somme, En seriez-vous plus riche après, mon gentilhomme? Au contraire! On dirait : « On a payé pour lui, Donc il est aux abois! » Vous comprenez?

ORFIMO

Oui... oui !

FRANCO

Et ceux qui jalousaient votre luxe incroyable Ajouteraient avec pitié : « Ce pauvre diable ! » De plus, sur vos billets, anciens comme nouveaux. Les noms de vos garants, vous le savez, sont faux ; Si vous avez procès, claire devient la chose, Et vous savez alors où l'on va, je suppose !

ORFINIO

Ah!

FRANCO

Autre chose encor ! C'est le point le plus noir !

ORFINIO

Laisse-moi donc!

FRANCO

Non pas, car il faut tout prévoir !

Tout ce peuple dont l'âme est soupçonneuse et dure, Vous acclame... un tel feu flambe trop pour qu'il dure ! Quand les Vénitiens, n'en doutez pas, seront Battus demain, c'est vous qu'ils en accuseront; On dira : « La valeur qu'il fit d'abord paraître Cachait ses vrais desseins... Au fond c'était un traître ! »

Tu crois?

(Regardant au fond.)

rt()4 LE FILS DE L'ARÉTIN

FRANCO

J'en suis certain ! C'est facile à prévoir, Vous dis-je ! Venez donc et vous allez savoir, D'une exacte façon quelle somme et quel gage On vous offre.

ORFIMO

Soit !... Mais... à rien je ne m'engage.

(Tous deux disparaissent au fond. Entrent Angela et Stellina, que l'Arélin qui les précède fait cacher sur la terrasse.)

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