‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 34 sur 387 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Oui, Gérald 1 Et bientôt sans doute sa faveur Va de sa nièce aimée honorer le sauveur.

GÉRALD, se rapprochant d'Amaury.

Ah ! mon père !

AMAURY, bas.

Gérald ! quel fol espoir t'enivre !

J'ai reçu ton serment : tu ne dois pas la suivre ! Souviens-toi de l'aveu que tu m'as fait ici : Elle ne peut t'aimer, et tu l'aimes ! — Ainsi, Refuse.

LE DUC NAYME

Comte, eh bien ?

AMAURY

Je n'ai rien à vous dire, Et c'est à mon fils seul de répondre, messire.

BERTHE, à part.

C'est étrange ! Gérald hésite... Pourquoi donc ? Mais il m'aime, j'en suis certaine !

GÉRALD

Duc, pardon !

Trop grande est la faveur qui par vous m'est offerte ; Je ne peux pas vous suivre et suivre dame Berthe : Mon père, comme moi, le sait !

BERTHE, à part.

Ah ! je comprends !

LE DUC NAYME

Dieu partage la vie en devoirs différents, Mais l'amour filial, s'il a la préférence, Ne peut fermer la vie à toute autre espérance. Réfléchissez encor.

GÉRALD, à part, regardant Berthe.

Berthe !

AMAURY, à part.

Ah ! mon fils ! hélas !

GÉRALD, regardant Amaury.

J'ai réfléchi, seigneur Nayme. — Je ne peux pas.

AMAURY, à part.

Ah ! pauvre vaillant cœur, c'est donc moi qui te brise !

LE DUC NAYME

La résolution, Gérald, en est donc prise ?

(Signe affirmatif de Gérald.)

Eh bien, nous partirons sans vous, puisqu'il le faut.

(A ses compagnons.)

Qu'on se prépare donc !... Dame Berthe, à bientôt!

(Il serre la main de Gérald, puis s'éloigne suivi d'Amaury, Gérald reste seul, immobile sur le devant de la scène, la tète penchée : Berthe le regarde un instant et descend vers lui.)

Page 1