‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 346 sur 387 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GEOFFROY

Oui, Dieu dort trop souvent, Et le diable jamais.

ROBERT DE S0RB0N

Tu blasphèmes, enfant !

Est-ce un chrétien qui doit nous parler de la sorte ? Qui te dit que là-haut la justice soit morte ?

(A Hugonnel.) Sire comte, vos yeux et vos discours sont pleins De fureur et d'orgueil ; c'est pourquoi je vous plains ; A l'heure où le méchant rit, sa main sur le glaive, Quelqu'un qu'il ne voit pas, mais qui le voit, se lève Quelqu'un pour le briser marque déjà l'instant ; Sire comte, prenez garde ! Dieu vous attend.

HUGONNEL, raillant.

Maître Robert, pardon si je vous scandalise : Je ne discute pas avec les gens d'église !

(A Blanche.) C'est la guerre entre nous et, je vous en préviens, Une guerre sans trêve et par tous les moyens; Pour vous, pour vos amis, pour votre fils, n'importe Si je suis le plus fort, tremblez !

BLANCHE

Ouvrez la porte Au comte Hugonnel. — Tremblez à votre tour, Comte, où que vous alliez, de m'y revoir un jour! Aliénor, dit-on, votre vaillante nièce, Dans chacun de vos camps, dans chaque forteresse, Vous excite et vous suit aux combats hasardeux ; Il ne me déplaît pas d'en juger 1 — A nous deux !

FIN DU PBEMIER ACTE

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