SCENE VI BLANCHE, HUGONNÈL, THIBAUD
LAND1NI ET LES ROUTIERS HUGONNEL, à Thibaud.
Viens !
HUGONNEL, à Blanche.
Madame, venez.
La reine !...
HUGONNEL
Tais-toi !
Mais d'abord...
HUGONNEL
Tais-toi, te dis-je!
En quelques mots, voici la rançon que j'exige : Elle vaut à mon gré plus que For et l'argent : De la France et du roi je serai seul régent ; La reine partira dès ce soir pour l'Espagne Où son père l'attend ; toi, comte de Champagne, Tu te retireras en Navarre, chez toi, Dans ton petit royaume où tu seras, ma foi ! Mieux qu'ici ; tu pourras, selon ta fantaisie, Cultiver ton charmant métier de poésie ; Tu pourras présider, trouvère et troubadour, Les tournois innocents, les chastes cours d'amour ; Quoiqu'il menace encore et que des dents il grince, Jouer du flahutel cela vous calme un prince ! Je ferai mieux pour toi : Maître Robert Sorbon De son voyage à Rome est de retour, dit-on ; C'est ton ami ! Je veux que rien ne vous sépare : Nous le ferons évêque et primat... de Navarre.
t>28 FRANCE... D'ABORD !
— Tout est donc simple ! Si vous refusez pourtant, Je le jure, Thibaud va périr à l'instant, Madame, sous vos yeux ! — Non... j'ai l'âme meilleure Pour y bien réfléchir je vous accorde une heure : Actes et parchemins seront tout préparés ; Vous signerez tous deux. Après, vous partirez ; Sinon, la mort 1 La mort I
il sort par le fond.