‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 357 sur 387 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

BLANCHE, seule.

Avec ses faux respects il ne me trompe point, Mais je suis prête à tout lui céder sur un point :

— Il est ici ! captif ! Si la rançon est forte, Tout l'or que Hugonnel exigera, n'importe !

Le sauver ! A tout prix ! Pourquoi donc me troubler ? C'est la première fois que je me sens trembler ! Le sauver sans retard ! Le délivrer ! Oui, certe ! Sans cela qui devrais-je accuser de sa perte?

— Ce n'est pas vous, Thibaud : vous avez noblement, Comme je l'exigeai, tenu votre serment:

Jamais un mot d'amour n'est tombé de vos lèvres, Peut-être même en vous plus de secrètes fièvres, En vous le juste ciel n'avait rien à punir ;

— Mais moi, moi ! mon serment, ai-je su le tenir ? Mon langage était fier, mon âme fut moins haute: Dieu me punit en vous ! Vous souffrez, c'est ma faute : Mais vous ne savez point tout ce que je pensais... Plus vous m'obéissiez moins je m'obéissais I

Dans le fond de mon cœur je faillis à ma tâche, J'en conviens 1 Désormais, mon cœur sera moins lâche ! Puisque Dieu nous punit de mon trouble ignoré, Par un serment nouveau je le désarmerai ; Fidèle, en rougissant de mon rêve éphémère, A mon devoir de reine, à mon devoir de mère, Je le jure, aujourd'hui, je le jure!

IIL'GO.NNEL, arrivant par le fond, à Landini et au routiers.

Amenez Ici le prisonnier.

(On va chercher Thibaud.)

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