‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 373 sur 387 · SCÈNE IV HUGONNEL, ALIÉNOR · texte numérisé non relu

SCÈNE IV HUGONNEL, ALIÉNOR

HUGONNEL

Aliénor, je vois qu'avec nous tout conspire, Contre eux je n'aurais pas moi-même trouvé pire. — Ne perdons pas de temps. Le bandeau ?

ALIÉNOR montrant le bandeau du Thésaurus.

Le voici.

HUGONNEL

Donne-le-moi d'abord.

(Lui montrant celui de l'Alchimiste.)

Regarde celui-ci :

Plus mince et plus étroit, il doit être facile, Je crois, de le placer, sans que l'on soit habile, Dans le bandeau royal... Mais essayons... (Il fait ce qu'il irdique, très simplement, presque en souriant.)

C'est fait.

Le second bandeau n'est pas visible.

ALIÉNOR

En effet.

HUGONNEL

A présent, comprends bien ! Tu vas placer toi-même Devant toute la cour, le bandeau diadème, Tel qu'il est maintenant, au front du jeune roi, Tel qu'il est ! Tu comprends ?

ALIÉNOR

Je comprends. Mais pourquoi ?

HUGONNEL

C'est mon secret.

ALIÉNOR

Oui, mais je voudrais...

HUGONNEL

Patience 1

ALIÉNOR

Si vous avez en moi si peu de confiance, Je vous servirai mal, mon oncle.

HUGONNEL

Elle a raison !

Sache tout. Ce bandeau, le mien, cache un poison.

ALIÉNOR

Ah!

HUGONNEL

Ne crains rien pour toi. Toute mesure est prise Pour mener sans péril aucun cette entreprise.

(Montrant le bandeau.)

Vois : dans l'intérieur, dans les replis soyeux, Une pointe de fer, presque invisible aux yeux. Renferme ce poison ; une seule piqûre Tue à l'instant !

ALIÉNOR

Ainsi... je dois ?

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