SCÈNE II
Les Précédents, MADAME GERMAIN.
MADAME GERMAIN
Eh bien ! on se querelle !
C’est encore, je vois, quelque scène nouvelle?
M. MARCEL
Comment n’en pas avoir?
M. GERMAIN
Le moyen d’être en paix !
M. MARCEL
11 se fâche d’un rien.
M. GERMAIN
11 ne cède jamais.
Je suis l’aîné, pourtant.
M. MARCEL
Cette raison est forte :
Mon aîné de deux ans !
M. GERMAIN
Et demi.
LA FAMILLE BRETONNE
M. MARCEL
Non.
MADAME GERMAIN
Qu’importe
Sur votre âge, à présent, allez-vous disputer ?
M. GERMAIN
Tout est avec Marcel matière à contester,
Pour tel dès son enfance il s’était fait connaître.
M. MARCEL
Et Germain 1 au collège on le nommait Salpêtre.
M. GERMAIN
On t’appelait taquin.
M. MARCEL
Aussi, t’en souviens-tu ?
Tu te battais toujours.
M. GERMAIN
El toi, maudit têtu,
Tu querellais sans cesse.
Oui; te rappellerai-je ?...
MADAME GERMAIN
Vous allez rappeler vos débats de collège,
Qui depuis quarante ans devraient être assoupis?
M. MARCEL
Il est toujours le même.
M. GERMAIN
Il est encore pis.
MADAME GERMAIN
Ah ! mon ami !
M. GERMAIN
Vraiment je sais très-bien, madame, Que j’aurais toujouis tort, selon vous.
M. MARCEL
Sans ta femme,
Je n’aurais pas resté quinze jours avec toi.
M. GERMAIN
Non?
M. MAR CEI*.
Non, certainement.