SCÈNE III
M. et MADAME GERMAIN.
S’en aller !
MADAME GERMAIN
Il part ! Quoi ! de la sorte
M. GERMAIN
Tu le vois !
MADAME GERMAIN
Nous affliger !
LA FAMILLE BRETONNE
M. GERMAIN
Qu’importe ?
Ne le rappelez pas ; moi, je vous le défends.
Cependant...
M. GERMAIN
Non, restez : sommes-nous des enfants ?
MADAME GERMAIN
Eh! mais... peut-être un peu : dites-moi, je vous prie, Quel était le sujet de votre brouillerie?
M. GERMAIN
Ce sujet, ma femme ?
MADAME GERMAIN
Oui.
M. GERMAIN
Le sujet ? Eh ! ma foi !
Je ne m’en souviens plus.
MADAME GERMAIN
Fort bien ! alors je vois...
Vous avez querellé pour quelque bagatelle.
M. GERMAIN
Eh ! bagatelle ou non, sur un rien il querelle !
MADAME GERMAIN
En vérité, tous deux je ne vous conçois pas :
A toute heure, entre vous, il survient des débats : C’est tantôt de sa faute, et tantôt de la vôtre;
Et vous ne pouvez vivre ensemble, et l’un sans l’autre.
Oh ! l’un sans l’autre ! A-t-on un moment de repos? Son obstination !...
MADAME GERMAIN
Eh i qui n'a ses défauts?
N’êtes-vous pas aussi, Germain, soyez sincère,
Un peu trop vif, et même...
M. GERMAIN
Oh !... sans doute, colère?
MADAME GERMAIN
Tiens, épargne ton frère, et gronde moi, plutôt. Gronde-moi, mais écoute ; oui, je le dis tout haut *