SCÈNE IX
Les MEMES, SAINT-BRICE, toujours froid et calme. M. DE CRAC, à Saint-Brice.
Avec moi qué n'êtes-vous venu,
Monsieur ?
SAINT-BRICE
Vous avez fait la chasse la plus belle î
M. DE CRAC
Qui vous a dit cela ?
SAINT-BRICE
Du jour c’est la nouvelle.
M. DE CRAC
Non, jcai tué fort peu: tout au plus trois lévreaux Autant de cailles, oui, peut-être dix perdreaux ;
Au lieu qué très-souvent j’en rapporté cinquante.
MONSIEUR DE CRAC
YERD AG.
Monsieur nous racontait une histoire piquante,
D’un lièvre et d’un perdreau tués en même temps, L’un sur l’autre tombés.
M. DE CRAC, à Saint-Brice.
Vous l’entendez ?
SAINT-BRICE
J’entends.
Ce fait est, après tout, le plus simple du monde.
Un jour le temps se couvre, et le tonnerre grondé Il éclate enfin, tombe...
YERDAC.
Où ?
SAINT-BRICE, froidement.
Dans mon bassinet ;
Le fusil part, et tue un lièvre qui passait.
FRANCHEVAL.
Cette aventuré-ci mé semble encor plus rare.
VERDAC.
Mais l’autre est plus plaisante ; ét puis lé varron narre Avec certaine grâce, avec un goût, un tact...
Connu dé peu dé gens.
M. DE CRAC, un peu piqué.
Surtout jé suis exact.
VERDAC.
Voilà lé mot ; César, d’étonnanté mémoire,
Dieu me damne ! n’a pas mieux conté son histoire.
Peut-être riez-vous ; mais j’ai dessein, mon cher,
Dé mettre par écrit la mienne, cet hiver.
VERDAC.
D’avance jé souscris.
M. DE CRAC
Mais les races futures
Pourront-elles jamais croire à mes aventures ?
11 m’en est arrivé dé bizarres, partout,
Dans ma terre, en voyage, à la guerré surtout,
SAINT-BRICE
Ah ! vous avez servi ?