‹ [Œuvres choisies]Chapitre 12 sur 558 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les MEMES, SAINT-BRICE, toujours froid et calme. M. DE CRAC, à Saint-Brice.

Avec moi qué n'êtes-vous venu,

Monsieur ?

SAINT-BRICE

Vous avez fait la chasse la plus belle î

M. DE CRAC

Qui vous a dit cela ?

SAINT-BRICE

Du jour c’est la nouvelle.

M. DE CRAC

Non, jcai tué fort peu: tout au plus trois lévreaux Autant de cailles, oui, peut-être dix perdreaux ;

Au lieu qué très-souvent j’en rapporté cinquante.

MONSIEUR DE CRAC

YERD AG.

Monsieur nous racontait une histoire piquante,

D’un lièvre et d’un perdreau tués en même temps, L’un sur l’autre tombés.

M. DE CRAC, à Saint-Brice.

Vous l’entendez ?

SAINT-BRICE

J’entends.

Ce fait est, après tout, le plus simple du monde.

Un jour le temps se couvre, et le tonnerre grondé Il éclate enfin, tombe...

YERDAC.

Où ?

SAINT-BRICE, froidement.

Dans mon bassinet ;

Le fusil part, et tue un lièvre qui passait.

FRANCHEVAL.

Cette aventuré-ci mé semble encor plus rare.

VERDAC.

Mais l’autre est plus plaisante ; ét puis lé varron narre Avec certaine grâce, avec un goût, un tact...

Connu dé peu dé gens.

M. DE CRAC, un peu piqué.

Surtout jé suis exact.

VERDAC.

Voilà lé mot ; César, d’étonnanté mémoire,

Dieu me damne ! n’a pas mieux conté son histoire.

Peut-être riez-vous ; mais j’ai dessein, mon cher,

Dé mettre par écrit la mienne, cet hiver.

VERDAC.

D’avance jé souscris.

M. DE CRAC

Mais les races futures

Pourront-elles jamais croire à mes aventures ?

11 m’en est arrivé dé bizarres, partout,

Dans ma terre, en voyage, à la guerré surtout,

SAINT-BRICE

Ah ! vous avez servi ?

Page 1