‹ [Œuvres choisies]Chapitre 124 sur 558 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

Les Précédents, excepté M. GERMAIN.

M. HILAIRE, à part.

J’ai fait un beau chef-d’œuvre !

MADAME GERMAIN, qui sonrit bas.

Eh bien ! monsieur Hilaire !

Voilà quel est Germain, voilà ce qu’est un frère.

M. HILAIRE

Oui, rien n’est plus touchant!

CHARLES

Plus naturel.

SUZETTE

Monsieur

N’a jamais, je le vois, eu ni frère ni sœur.

M. HILAIRE

Non. Mais pourquoi, de grâce?

Oh ! j’en étais bien sûre.

MADAME GERMAIN, bas à Suzette.

Paix!

(Haut.)

Oui, ce prompt retour est bien dans la nature. Deux bons frères pourront (car sommes-nous parfaits?) Se querelier souvent; mais se haïr, jamais.

CHARLES et SUZETTE.

Jamais.

MADAME GERMAIN

Je dois, monsieur, et du fond de mon âme, Vous remercier, moi.

M. HILAIRE

Vous? de quoi donc, madame?

MADAME GERMAIN

De cette attention que vous venez d’avoir,

De faire à mon mari mieux sentir son devoir.

Eh! oui, c’est une adresse, au fait, très-peu commune: Rappeler que Marcel était dans l’infortune !

Que d’esprit! Rien n’était plus propre, en ce moment, A réveiller en lui tout son attachement.

Et par ce peu de mots, que je crois très-sincères, Vous êtes cause enfin, monsieur, que deux bons frères Vont se raccommoder un quart d’heure plus tôt.

M. HILAIRE

Madame,..

MADAME GERMAIN

Je vous quitte à regret; mais il faut Que je sois le témoin d’une scène touchante;

Et croyez qu’à jamais j’en suis reconnaissante.

(Elle sort en sonriant.)

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