‹ [Œuvres choisies]Chapitre 123 sur 558 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

M. GERMAIN

Ecoutez donc... enfin

La patience échappe.

M. HILAIRE

Un querelleur semblable Impatiente; il est vraiment insupportable.

M. GERMAIN

Insupportable? Oh ! mais le terme est un peu fort ; Mon frère est quelquefois un peu taquin, d’accord ; Mais il est bon.

M. HILAIRE

Sans doute ; il est loyal, honnête ; Mais il a, franchement, une terrible tête.

Terrible.

M. HILAIRE

Revenons à ce charmant projet.

Ah ! -oui.

M. GERMAIN

M. HILAIRE

Tantôt encor ma femme s’affligeait Des délais que toujours essuya cete affaire.

M. GERMAIN

Oh bien 1 ce n’est pas moi désormais qui diffère.

M. HILAIRE

Ni moi non plus, mon cher, puisqu’il en est ainsi.

M. GERMAIN

Cela ne peut pas plaire à tout le monde ici.

Mais qu’importe? Aprèstout, ne suis-je pas le maître?

M. HILAIRE

En effet, mon voisin.

M. GERMAIN

Oui, je ferai connaître Si c’est au père ou bien à l’oncle à décider.

Sans doute ; il est des cas où l’on pourrait céder,

Ou déférer du moins aux volontés contraires Qu’en ces occasions peuvent montrer des frères ;

LA FAMILLE RTîF.TONNE.

LA FAMILLE BRETONNE

Ici vous n’avez rien de tel à ménager.

M. GERMAIN

Comment !

De quoi?

M. HILAIRE

Vous ne courez, je crois, aucun danger.

M. GERMAIN

M. HILAIRE

Votre refus, en cette circonstance,

Ne vous privera pas d’un héritage immense.

Qu’entendez-vous par là ?

M. HILAIRE

Mais que le cher Marcel Ne peut nous faire à tous ni bien ni mal.

M. GERMAIN

O ciel 1

Vous lui reprocheriez son défaut de fortune !

M. HILAIRE

Je ne dis pas...

M. GERMAIN

Eh quoi ! pour n’en avoir aucune, Pour être malheureux, faudra-t-il qu’aujourd’hui On ait moins de tendresse et de respect pour lui ?

En est-il moins leur oncle ? en est-il moins mon frère? 11 est pauvre! Ehl c*’était un motif, au contraire,

Pour redoubler d'égards... Et moi!., ciel! qu’ai-je fait! J’ai maltraité, blessé, j’ai lassé tout à fait Mon frère, mon ami qui se voit dans la gêne,

Qui s’adresse à moi seul pour soulager sa peine,

Qui demeure chez moi! Je fus assez cruel!

Ah! je cours de ce pas, je vais chercher Marcel:

A ce frère si bon je vais demander grâoe:

11 faut qu’il me pardonne, il faut que je l’embrasse.

Ma femme... Excusez-moi, mon cher, maisje ne puis.. Je n’aurai de repos...

(En s’en allant.)

Malheureux que je suis!

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