‹ [Œuvres choisies]Chapitre 129 sur 558 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

Mais c’est presque toujours le défaut des bons cœurs: Les caractères vifs sont encor les meilleurs.

Aussi c’est toujours moi qui l’attaque et le tache;

Je m’obstine sans cesse, et semble prendre à tâche De le contrarier. Noble, franc, généreux,

De près, de loin, son cœur rend tout le monde heureux ; Tout Morlaix lui rendrait le même témoignage;

Mais ne le regardons qu’au sein de son ménage:

Bon père, bon mari, meilleur frère...

M. GERMAIN, se montrant.

Ahl Marcel!

Ah ! mon frère !

M. MARCEL

(ils s’embrassent.)

Germain ! voilà ton naturel !

Et le premier toujours tu reviens de la sorte.

M. GERMAIN

Oui ; car j’ai toujours tort.

M. MARCEL

Eh ! non ; c’est moi.

M. GERMAIN

Qu’importe.

Ne parlons plus de torts ; que tout soit oublié.

M. MARCEL

Tout, excepté la tendre et fidèle amitié.

M. GERMAIN

Ahl oui, toujours amis... Je t’écoutais là, frère,

.Et mon cœur jouissait.

Ion cher oncle

M. MARCEL

Le mien parlait.

CHARLES, arec désordre.

Mon père î

. le voir...

SUZETTE

Oui, tous deux quel plaisir nous avons

M. MARCEL

Quoi? que mon frère et moi nous nous aimons? Est-ce nouveau?

LA FAMILLE BRETONNE

CHAULES.

Non, mais... Quelle joie est la nôtre!

M. GERMAIN, à M. Marcel.

Comme ils nous aiment!...

M. MARCEL, à M. Germain.

Oui. Comme ils s’aiment l’un l’autre !

M. GERMAIN, à M. Marcel.

Ah! coquin! je t’entends.

M. MARCEL, montrant Suzette.

Son a niable gaîté

Nous rappelle la grâce et la vivacité De notre chère sœur...

M. GERMAIN

Oui; pauvre Caroline!

Son orpheline au moins m’est bien chère...

SUZETTE

Orpheline !

Est-ce qu’on l’est avec deux oncles tels que vous?

J’ai deux pères pour un.

M. MARCEL

C’est un enfant pour nous...

CHARLES

O Suzette!

M. MARCEL, à demi-voix à son frère, en lui montrant Suzette, qui l’entend bien.

Germain, est-elle assez jolie ?

M. GERMAIN, de même.

Oui; depuis un moment elle semble embellie.

M. MARCEL, plus haut.

Chère enfant ! Mon ami, regarde-la donc bien.

M. GERMAIN

Pourquoi, frère ?

Ces traits ne te rappellent rien?

M. GERMAIN

Mais... sa mère, d’abord,

M. MARCEL

Sans doute ; mais encore ?

Un de nos grands parents.

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