‹ [Œuvres choisies]Chapitre 139 sur 558 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

M. GERMAIN

Sans doute.

M. HILAIRE

Ah ! quel retard ! jugez !

MADAME GERMAIN

Oui; mais nous en serons si bien dédommagés!

M. HILAIRE

Mon cher voisin lui-même est d’une impatience!...

M. GERMAIN

Il n’importe; en faveur de la double alliance J’attendrai volontiers.

M. HILAIRE

Eh bien! mes chers amis,

Il faut vous dire tout : apprenez que mon fils Par des liens puissants va tenir à Péronne.

11 est amoureux...

M. GERMAIN

Bon!

M. HILAIRE

D’une jeune personne Charmante, m’écrit-il; il en est transporté :

Et moi, qui suis bon père, au fond je suis porté...

M. GERMAIN

Amoureux, c’est fort bien ; mais quoi ! mon fils lui-même Est amoureux aussi; cette Suzette, il l’aime.

M. HILAIRE

Sa cousine!

M. GERMAIN

Oui, vraiment.

M. HILAIRE

Allons donc! Le beau feu!

M. GERMAIN

Ecoutez donc; il vient de m’en faire l’aveu D’un ton qui m’a frappé.

M. HILAIRE

Bon ! pur enfantillage,

Qui ne peut mettre obstacle à notre mariage.

M. GERMAIN

J’en pourrais dire autant de votre fils, je eroi.

LA FAMILLE BRETONNE

Ah! quelle différence!

M. GERMAIN

En quoi?

MADAME GERMAIN

xle pense, moi,

Que rinclination de votre cher Maurice,

Gomme de notre Charle, est un léger caprice Qui ne doit point du tout déranger nos desseins: Pour ne parler ici que des jeunes cousins,

Quand Suzette verra Charles, sans répugnance,

De bon coeur épouser mademoiselle Hortense; Bientôt avec l’espoir perdant ce bel amour,

Elle se trouvera trop heureuse, à son tour,

De recevoir les vœux d'un jeune homme estimable, Qui doit trouver aussi notre Suzette aimable.

M. HILAIRE

Votre cher fils pouvait espérer plus de bien,

Soit; Suzette n’est pas très-riche.

M. HILAIRE , à port.

Elle n’a rien.

(Haut.)

Cher voisin, ce n’est pas le défaut des richesses... Qui me refroidirait pour votre aimable nièce... Soyez persuadé...

Nous le sommes, monsieur;

Nous connaissons très-bien le fond de votre cœur, Votre délicatesse.

M. GERMAIN

Oh! oui; je me propose

Pour Suzette, d’ailleurs, de faire quelque chose. C’est l’enfant de ma sœur, c’est ma nièce; en un mot, J’ai là mille louis de côté pour sa dot.

M. HILAIRE, à part.

La belle dot !

(Haut.)

Eh ! mais ce n’est pas là, vous dis-je.

Ce qui m’arrêterait, mon cher ; ce qui m'afflige,

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