ACTE II, SCÈNE X
CHARLES
Mais encore une fois...
SUZETTE
J’avoûrai, cependant,
Qu’il est clans cette affaire un fâcheux incident: [ne :
C’est que monsieur Maurice, oui, l’époux qu’on me don- N’est pas en ce moment ici, mais à Péronne,
Comme vous le savez; c’est dommage: il est vrai Qu’on doit le rappeler; mais enfin ce délai Va retarder encor de quinze jours, je pense,
Votre union avec mademoiselle Horteuse.
Que voulez- vous, monsieur, il faut se résigner.
Mais le parti pour moi n’est pas à dédaigner...
CHARLES
Suzette est, je le sais, vive, aimable, charmante,
Et sa plaisanterie est tout à fait piquante;
Mais je meurs, si j’entends un mot de tout ceci!...
Quoi! vous n’entendez pas qu’en même temps ici Vous épousez Horlense, et j’épouse Maurice?
CHARLES
J’ignore d’où vous vient un si nouveau caprice,
El si vous épousez le frère: mais jamais Je n’épouserai, moi, la sœur, je vous promets.
Je l’ai vue, il est vrai; mais de feindre incapable,
Je n’avais, grâce au ciel, point promis d’être aimable; Aussi, j'en réponds bien, je ne l’ai point été.
SUZETTE
Oh! oui, croyez cela.
CHARLES
Je dis la vérité !
SUZETTE
Je voudrais bien vous croire, en mon chagrin extrême...
CHARLES
Suzette, tu le sais: c’est toi seule que j’aime.
SUZETTE
Ah! Charles!... cependant on veut nous séparer...
CHARLES
Eh! quel est ce malheur qu’on me laisse ignorer?
LA. FAMILLE BRETONNE
SUZETTE
Imagine-toi donc, cher cousin, que ma tante
Vient tout à l’heure... Ah! Dieu! voici la gouvernante.