‹ [Œuvres choisies]Chapitre 167 sur 558 · MADAME GERMAIN, SUZETTE · texte numérisé non relu

MADAME GERMAIN, SUZETTE

SUZETTE

Ma chère tante !

MADAME GERMAIN

Eh bien! quoi ? les larmes aux yeux !

SUZETTE

Je viens vous faire à tous mes adieux.

MADAME GERMAIN

Tes adieux !

SUZETTE

Hélas, oui! nous partons, ma tante.

MADAME GERMAIN

Est-il possible?

Quoi! tout de bon? Ainsi ton oncle est inflexible? Ainsi des bras d’un frère il pourra s’arracher?

SUZETTE

Mes prières, mes pleurs, rien n’a pu le toucher.

C’en en fait: tout est prêt, la place est arrêtée,

Et la dernière malle est enfin emportée.

Mon oncle l’accompagne.

O ciel! il est donc vrai?

Nous n’obtiendrons pas même un seul jour de délai?

SUZETTE

Non; nous partons ce soir, dans deux heures.

MADAME GERMAIN

Suzette,

Tu sais combien je t’aime, et si je te regrette;

Mais, si ton cher tuteur persiste jusqu’au bout,

S’il part, tu dois partir et le suivre partout.

SUZETTE

Je le sais bien, ma tante.

MADAME GERMAIN

Il n’est pas nécessaire Que je te recommande ici notre bon frère,

LA FAMILLE BRETONNE

Que je te prie, enfin, d’avoir bien soin de lui;

C’est ce que ma Suzette a fait jusqu’aujourd’hui.

SUZETTE

Oui; mois...

â MADAME GERMAIN.

Par cet espoir je me sens soulagée:

,on bonheur être seule chargée:

mon enfant, d’égards, d’attentions;

Ton orîêlè aura besoin de consolations:

Tâche de le distraire et de charmer ses peines;

11 en aura, sans doute.

SUZETTE

Et moi, j’aurai les miennes.

Comment pourrai-je, moi, seule, le consoler?

MADAME GERMAIN

Essaie: un jour, de nous situ peux lui parler, Peins-lui bien nos regrets, nos vœux, notre tendresse, De son frère surtout la profonde tristesse.

SUZETTE

Oui, ma tante.

MADAME GERMAIN

A ses yeux tâche de m’excuser...

Tu sais ce qu’il en est; ainsi, pour l’apaiser, Assure-le qu’il fut trompé par l’apparence.

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