ACTE III, SCÈNE VIII
CHARLE S
Il était déjà loin.
MADAME GERMAIN, à Charles.
Et tu n’as pu le suivre?
CHARLES
J’ai couru, mais en vain; je n’y pourrai survivre.
O Dieu! si vous saviez ce qu’en chemin j’apprend!
MADAME GERMAIN
Quoi donc?
Charles. [grand!
J’apprends, ma mère, un malheur bien plus
Et quel est-il?
SUZETTE
Parlez.
CHARLES
J’avais perdu la tête,
Et j’errais... je rencontre un ami qui m’arrête:
11 me plaint, et je vois que ce dernier débat Est su de tout le monde, et fait un grand éclat.
MADAME GERMAIN
O Dieu!
CHARLES
Ce n’est pas tout: il ajoute... ô ma mère!
MADAME GERMAIN
Achève donc, mon (ils!
CHARLES
On accuse mon père;
On lui donne le tort, on lui reproche... ô ciel!
MADAME GERMAIN
Quoi ?
CHARLES
D’avoir fait sentir à mon oncle Marcel Qu’il était...
C’est assez; j’ai peur d’en trop entendre : Et ces bruits outrageants, qui les a pu répandre?
CHARLES
Je le soupçonne, moi.
LA FAMILLE BRETONNE
SU ZETTE
Je l’ai d’abord pensé.
CHARLES
A brouiller nos parents il est intéressé.
MADAME GERMAIN
Hilaire aurait formé des projets si coupables?
su ZETTE.
O ma tante, de tout ces gens-là sont capables!
CHARLES
En effet. Pour mon père, ah! quel chagrin mortel!
SUZETTE
Jugez donc de celui de notre oncle Marcel!
CHARLES
Que mon père l’ignore.
Il faut bien qu’il le sache.
CHARLES
Gomment!
MADAME GERMAIN
Ce ne sont pas de tels secrets qu’on cache : Il faut l’en informer; et même je prévoi Que ce malheur pourra produire un bien.
CHARLES
Ma mère?
Eh quoi!
MADAME GERMAIN
Va, mon fils, je sais ce qu’il faut faire;
Et je vais de ce pas... Courage ! moi, j’espère. Fiez-vous à mes soins. Oui, croyez, mes enfants, Que tôt ou tard les bons triomphent des méchants.
(Elle sort.)