‹ [Œuvres choisies]Chapitre 172 sur 558 · ACTE III, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XI

Atroce calomnie.

Contre Marcel lui-même î

SUZETTE

Oui, certes.

M. GERMAIN

Qu’il le nie.

M. HILAIRE, à M. Germain.

Vous êtes au-dessus du soupçon par bonheur,

M. GERMAIN

Ah ! non, quand le soupçon nous blesse dans l’honneur.

M. HILAIRE

Bien loin d’être touché d’une pareille injure,

Je suis plus empressé que jamais, je vous jure,

De m'allier à vous, malgré tout cet éclat ;

Et je viens de nouveau...

M. GERMAIN

Bon Dieu ! suis-je en état, Monsieur, de m’occuper ici de mariage,

Quand je suis accablé d’un si sanglant outrage?

M. HILAIRE

Je sens votre douleur, et j’en suis pénétré :

Mais cependant, mon cher, tout haut je le dirai :

La meilleure réponse à ces vains bruits, je pense,

Est de me voir toujours briguer votre alliance.

M. GERMAIN

Je vous entends, Hilaire, et sens votre amitié...

Mais je suis hors de moi, cher voisin, par pitié...

M. HILAIRE

Rien ne serait pourtant plus propre à vous distraire.

MADAME GERMAIN

Eh! monsieur ! rien peut il faire oublier un frère?

M. HILAIRE, avec amertume.

Ah ! madame, pardon ; je suis trop indiscret.

M. GERMAIN

Eh bien ! voyez ! ma femme encor le défendrait !

Je veux que de ces bruits il ne soit point coupable; D’abandonner son frère, au moins, il est capable.

LA FAMILLE BRETONNE

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