SCÈNE XI
Les Précédents, M. et MADAME GERMAIN.
MADAME GERMAIN
Consolez-vous, de grâce.
M. GERMAIN
Eh ! le puis-je, madame ?
Puis-je me consoler, quand on me perce l’âme,
Quand on me calomnie, et qu’on m’ose imputer?...
M. HILAIRE
Ces injustices-là pourraient vous affecter, [dre?
Mon cher voisin? qui? vous? et que pouvez-vous crain- De tels propos jamais ne sauraient vous atteindre
M. GERMAIN
Ils m’atteignent pourtant. Moi, j’aurais maltraité, Chassé ce pauvre frère !
M. HILAIRE
Oh! quelle indignité!...
MADAME GERMAIN
C’en est une, en effet, bien méchante et bien noire, D’avoir semé ces bruits: mais qui pourrait les croire ?
M. HILAIRE
Oh ! personne, et tous ceux qui les ont entendus...
Ces bruits-là, cependant, on les a répandus.
LA FAMILLE BRETONNE
M. HILAIRE, avec malice.
Mais qui, mon cher voisin?
M. GERMAIN
Hélas ! moi, je l’ignore.
M. HILAIRE
Je voudrais, comme vous, moi, l’ignorer encore.
M. GERMAIN
Vous le connaissez donc?
M. HILAIRE
On l’a nommé du moins J’en doute encor, malgré de fidèles témoins...
M. GERMAIN
Mais qui donc?
M. HILAIRE
Ah ! mon cher, un tel aveu me coûte.
M. GERMAIN
Son nom ?
Cela ne fait de tort qu’à lui, sans cloute.
M. GERMAIN
Soit; nommez donc.
M. HILAIRE
Eh bien! on dit que c’est Marcel Qui, lui-même, se plaint et vous accuse.
CHARLES et SUZETTE.
O ciel!
M. GERMAIN
C’est Marcel ! Quoi ! mon frère aurait.
MADAME GERMAIN, avec feu.
C’est impossible;
On vous fait à tous deux l’affront le plus sensible.
CHARLES
Ah ! oui.
M. HILAIRE
C’est bien d’abord ce que j’ai répondu; Mais lorsque l’on m’a dit qu’on l’avait entendu, Je n’ai plus su que dire.