‹ [Œuvres choisies]Chapitre 176 sur 558 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

M. et MADAME GERMAIN, M. MARCEL, CHARLES, SUZETTE.

M. MARCEL

Quel trait il nous lançait avant que de partir !

Le traître !

MADAME GERMAIN

Mes amis, vous le ferez mentir.

M. GERMAIN

Ah! oui.

LA FAMILLE BRETONNE

LA FAMILLE BRETONNE

MADAME GERMAIN, à M. Marcel.

Mais il faut, moi, qu’envers vous je m’excuse; Mon projet de tantôt, ce n’était qu’une ruse Pour sauver à mon fils un hymen importun;

Et j’en demandais deux pour n’en avoir aucun.

M. MARCEL

Ah! j’entends, chère sœur! cet aveu me soulage;

Vous trouver un seul tort, c’eût été bien dommage.

Elle n’en a jamais.

MADAME GERMAIN

Je ne m’en flatte point;

Mais unir ces enfants, amis, voilà le point.

M. MARCEL

Oh! oui, leur uuion fut toujours retardée,

Allons, Germain.

M. GE R MA I N, après avoir rêvé.

Mon frère, il me vient une idée:

Si pour faire tomber ces scandaleux propos,

Que sèment les méchants, que recueillent les sots,

Si pour donner, enfin, aux faux rapports d’un traître Un démenti public, on nous voyait paraître,

Nous tenant par le bras, joyeux et triomphants,

Avec ma chère femme et ces heureux enfants,

Au Mail, où tout Morlaix à présent se promène?

Cela ferait, je crois, une assez bonne scène1 Qu'en dis tu?

M. MARCEL

Volontiers; mais pourquoi relever De tels propos?

M. GERMAIN

Pourquoi, Marcel? pour leur prouver Que nous sommes d’accord mieux que jamais ensemble. Allons au Mail.

Mon frère, il vaudait mieux, ce semble, Aller tous cinq ailleurs.

M. GERMAIN

Où donc?

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