ACTE II, SCÈNE VI
LORSAN.
Nous réussit, même.
ME H VILLE
Oui, la marche la meilleure Est, je crois, la plus prompte; et c’est bien celle-ch
M. DE NAUDÉ
Soit. Autrefois pourtant on eût mieux réussi,
Près d’un sexe où la grâce, où la pudeur réside.
J Avec un air modeste, et même un peu timide.
LORSAN.
Nous n’étions pas alors; nous nous en consolons.
MERVILLE
De votre temps, Monsieur, les romans étaient longs; Nous les abrégeons, nous.
JULE.
Oui, comme dit Horace,
« Gourez au dénoûment : » nous y courons.
M. DE NAUDÉ
De grâce5
Est-ce là bien aimer les femmes ?
LORSAN.
Leurs bontés
Sont un peu notre excuse.
M. DE NAUDÉ
Et vous vous en vantez ?
MERVILLE
C’est par reconnaissance.
M. DE NAUDÉ
Ah ! la preuve est nouvelle* C’était en devenant plus discret, plus fidèle,
Qu’on se montrait jadis reconnaissant.
LORSAN.
Charmant !
JULE.
De quel temps parlez-vous ? il est bien loin vraiment
Je parle d’un temps, Jule,... où l’aimable jeunesse Respectait, consultait et croyait la vieillesse;
Ne tranchait pas autant, craignait de se tromper;
Ne courait point sans cesse, et savait s’occuper; Parlait moins, écoutait, soupçonnant, je suppose. Qu’elle pouvait encore ignorer quelque chose.
Mais vous avez changé tout cela, je le sai.
M ER VILLE
Vous devez, c’est tout simple, exalter le passé, Dénigrer le présent.
MADAME MERVILLE
Oui, c’est assez l’usage.
M. DE N AU DÉ
J’en conviens: c’est un peu le défaut de mon âge :
Je sens même qu’au fond je n’en suis pas exempt. Cependant, autrefois aussi bien qu’à présent,
Je rencontrais souvent d’assez mauvaises têtes, D’aimables étourdis, messieurs, tels que vous l’êtes. *. Pardon!... Et maintenant, comme du temps passé,
Je vois plus d’un jeune homme, estimable et sensé;
Et sans aller plus loin, Olivier, par exemple,
Est de votre âge : eh bien! de près je le contemple:
Il est rangé, modeste, et fort laborieux;
Près des dames il est poli, respectueux;
Et même il croit devoir honorer la vieillesse;
Que vous dirai-je?...
JULE.
Oh ! c’est un des sages de Grèce.
MERVILLE
C’est votre protégé.
M. DE NAUDÉ
Non, je n’en eus jamais.
C’est mon ami. Son père, avec qui je servais,
Me légua ce jeune homme, à son heure dernière ;
Et je m’en ressouviens. Son âme, noble et lière9 N’a de moi, jusqu’ici, voulu rien accepter :
Mais, par tous ces refus loin de me rebuter^
Je saisirai, j’espère, un instant favorable,
Et je le forcerai de m’être redevable.
MADAME MERVILLE
A quoi bon ces détails sur Olivier ?