SAINT-BRICE, MADEMOISELLE DE CRAC
SAINT-BRICE
Ah ! je vous vois d’abord : c’est un heureux présage. Déjà levée !
MADEMOISELLE DE CRAC, avec l’accent.
Eh mais! c’est assez mon usage.
Ici, grâce à l’emploi qué l’on fait dé ses jours,
Plus tôt on les commence, et plus ils semblent courts.
SAINT- BRICE
Je pense bien ainsi, surtout en ces demeures;
Les jours coulent, je crois, plus vite que des heures.
MADEMOISELLE DE CRAC
Ah ! dé grâce...
SAINT-BRICE
Oui, croyez qu’en des instants si doux. Je regrette le temps que j’ai passé sans vous,
MADEMOISELLE DE CRAC
Toujours à cé ton-là jé mé trouve étrangère,
Bien qu’en cetté maison parfois on ésagère.
En effet, le papa ne s’en tire pas mal.
Il nous fit, hier soir, un conte sans égal.
MADEMOISELLE DE CRAC
Jé l’avouerai, mon père assez souvent s’amuse,
Mais sans dessein, pourtant... Non pas quéje l’excuse: Car moi, jé n’aime rien qué la sincérité.
SAINT-B RICE
Ni moi ; pardon... j’ai cru, je me suis trop flatté, Trouver} entre nos goûts un peu de ressemblance.
MADEMOISELLE DE CRAC
Monsieur... si j’ose ici diré cé qué jé pense,
Entre nos traits, jé crois, il est quelqué rapport.
SAINT-BRICE
Eh bien ! je vous l'avoue, il m’a frappé d’abord.