‹ [Œuvres choisies]Chapitre 2 sur 558 · SAINT-BRICE, MADEMOISELLE DE CRAC · texte numérisé non relu

SAINT-BRICE, MADEMOISELLE DE CRAC

SAINT-BRICE

Ah ! je vous vois d’abord : c’est un heureux présage. Déjà levée !

MADEMOISELLE DE CRAC, avec l’accent.

Eh mais! c’est assez mon usage.

Ici, grâce à l’emploi qué l’on fait dé ses jours,

Plus tôt on les commence, et plus ils semblent courts.

SAINT- BRICE

Je pense bien ainsi, surtout en ces demeures;

Les jours coulent, je crois, plus vite que des heures.

MADEMOISELLE DE CRAC

Ah ! dé grâce...

SAINT-BRICE

Oui, croyez qu’en des instants si doux. Je regrette le temps que j’ai passé sans vous,

MADEMOISELLE DE CRAC

Toujours à cé ton-là jé mé trouve étrangère,

Bien qu’en cetté maison parfois on ésagère.

En effet, le papa ne s’en tire pas mal.

Il nous fit, hier soir, un conte sans égal.

MADEMOISELLE DE CRAC

Jé l’avouerai, mon père assez souvent s’amuse,

Mais sans dessein, pourtant... Non pas quéje l’excuse: Car moi, jé n’aime rien qué la sincérité.

SAINT-B RICE

Ni moi ; pardon... j’ai cru, je me suis trop flatté, Trouver} entre nos goûts un peu de ressemblance.

MADEMOISELLE DE CRAC

Monsieur... si j’ose ici diré cé qué jé pense,

Entre nos traits, jé crois, il est quelqué rapport.

SAINT-BRICE

Eh bien ! je vous l'avoue, il m’a frappé d’abord.

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