SCÈNE XVI
M. DE CRAC
Oui.
SAIN T-B R I C E, très'mystérieusement.
Contre son colonel
Il vient dernièrement de se battre en duel.
M. DE CRAC
Jé reconnais les Crac à cé coup téméraire.
A-t-il été blessé?
SAINT-BRICE
Non, monsieur, au contraire,
Le colonel est mort.
M* DE CRAC
Hélas! j’en suis fâché.
Et mon fils?
SAINT-BRICE
Aussitôt votre fils s’est caché.
M. DE CRAC
Quoi? mon fils sé cacher! Pour mon nom quellé tache C’est la première fois, sandis! qu’un Crac sé cache.
SAINT-BRICE
On le découvre.
M. DE CRAC
O ciel!
SAINT-BRICE
On lui fait son procès.
Voua savez la rigueur des lois.
Oui, je lé sais.
SAINT-BRICE
On le condamne...
M. DE CRAC
A quoi?
SAINT-BRICE
Mais... à perdre la tète.
M. DE CRAC
Ah! malheureux enfant!
SAINT-BRICE
Le supplice s’apprête.
11 charme heureusement la fille du geôlier.
MONSIEUR DE CRAC
M. DE CRAC
Hai! lé gaillard doit être un joli cavalier. Eh bien?
SAINT-BRICE
Elle et d’Irlac prennent tous deux la fuite.
M. DE CRAC
Ah! jé respire.
Oui; mais on court à leur poursuite.
Ils étaient à cheval comme les fils Aymon.
M. DE CRAC
O ciel! on les poursuit! Et les attrapé-t-on?
SAINT-BRICE
La fille était en croupe, et sans peine on l’attrape : D’Irlac croit la tenir encore, et seul s’éc happe.
M. 1)E CRAC
Le jeune homme est subtil.
SAINT-BRICE
C’est un autre Ànnibaî.
M. DE CRAC
Il sé sauve ?
SAINT-BRICE
En courant il tombe de cheval,
Et se casse la jambe.
M. DE CRAC
Ah ! jé meurs : et laquelle?
SAINT-BRICE
La gauche.
M. DE CRAC
Sur mes deux, moi-mêmé jé chancelle.
Vous n’avez donc pas eu des nouvelles de lui ? Autrement vous sauriez...
M. DE CRAC
J’en attends aujourd’hui.
(il appelle.)
Thomas ! Thomas ! fut-il accident plus funeste ?
SAIN T -BRICE
Heureusement d’Irlac se porte bien du reste.