‹ [Œuvres choisies]Chapitre 27 sur 558 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les mêmes, THOMAS.

M. DE CRAC ,à Thomas.

Mes lettres ?

THOMAS

,, ... Eh ! monsieur, vous demandez toujours

\ os lettres ; je n’en vois pas une en quinze jours.

M. DE CRAC

Mais jé né conçois pas cé contre-temps bizarre.

Il faut assurément qué lé courrier s’égare.

T1 THOMAS

Il s égaré souvent.

M. DE CRAC, bas, à Thomas.

„ , Veux-tu té conténir,

Vabillard ?

THOMAS

? Non, ma foi, je n’y peux plus tenir ;

Lt c est par trop aussi charger ma conscience. Donnez-moi mon congé ; car je perds patience.

M, DE crac.

Comment ?

THOMAS

Eh oui, morbleu ! prenez quelque garçon Qui soit de ce pays : je ne suis point Gascon.

Grâces au ciel, monsieur, ma province est la Beauce. Là, jamais on ne dit une nouvelle fausse: Oüi’pour non Et jamais

M. DE crac.

,, , Eh bien! rétournes-v.

Je te dois ?

THOMAS

Dix écus.

M. DE CRAC, mettant la main à sa poche.

Tiens, drôle, les voici.

THOMAS

Je ne suis pas un drôle, et je suis honnête homme.

MONSIEUR DE CRAC

MONSIEUR DE CRAC

M. DE CRAC

Voyez un peu ! sur moi jé n’ai pas cette somme.

Jé pourrais dé cé pas l’aller chercher là-haut ;

Mais jé veux mé défaire à l’instant du maraud,

(A Saint-Brice.)

Frêtez-moi dix écus.

SAint-BRICE.

S’il faut que je le dise,

Ma bourse est demeurée au fond de ma valise :

Je n’ai que dix-huit francs, monsieur.

M. DE CRAC

Donnez-les-moi.

(il reçoit les 18 francs.) (A Thomas, en le payant.)

J’ai lé reste. Tiens, pars.

THOMAS

Et de bon cœur, ma foi.

M. DE CRAC, d’un ton tragique.

Cardé qu’ici démain lé jour né té surprenne.

THOMAS

N*ayez pas peur. Voici les clefs de la garenne, Dujardin, de la cave, et même du grenier.

Le garde, le laquais, surtout le jardinier,

Sont bien vos serviteurs, et sans cérémonie, Monsieur, vont s’en aller tous trois de compagnie.

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