SCÈNE XI
M. DE PLINVILLE, M. DE MORINVAL.
M. DE PLINVILLE,
Ah! bonjour, mon ami.
L’OPTIMISTE
M. DB MORINVAL .
Bonjour, je vous salue.
M. DE PLINVILLE.
Vous venez à propos : je passais en revue Tous mes sujets de joie...
M. DE MORINVAL.
Et moi, tous mes chagrins.
M. DE PLINVILLE.
Je songeais comme ici mes jours sont purs, sereins.
M. DE MORINVAL.
Que ne puis-je me croire heureux comme vous faites î
M . DE PLINVILLE .
Mais il ne tient qu’à vous de le croire; vous Têtes.
M. DE MORINVAL,
Heureux, moi? sans sujet mes parents m’ont haï : Par des gens que j’aimais je me suis vu trahi.
M. DE PLINVILLE.
Oubliez-les ; songez à l’ami qui vous reste.
M. DE MORINVAL.
Puis-je oublier encore cet accident funeste Qui me priva d’un frère, hélas! que j’adorais?
M. DE PLINVILLE.
Je vous en tiendrai lieu.
M. DE MORINVAL.
Puis, quatre mois après,
Je devins veuf. Dès lors, isolé, sans famille...
M. DE PLINVILLE,
Mais, si vous n’étiez veuf, vous n’auriez pas ma fille.
M. DE MORINVAL.
Je l’avoue.
M. DE PLINVIL LE .
A propos, ma nièce a désiré Que de huit jours au moins l’hymen fût différé.
M. DE MORINVAL.
Et pourquoi donc?
M. DE PLINVILLE.
Sa sœur en ces lieux doit se rendre Dans huit jours : je ne puis m’empêcher de l’attendre.