‹ [Œuvres choisies]Chapitre 266 sur 558 · ACTE I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XI

M . DE MORINVAL .

Mais elle ne devait pas venir.

U . DE PLINV ILLE.

Il est vrai;

Elle a changé d’avis.

M. DE MORINVAL.

Mon ami, ce délai

N’est point naturel.

M. DE MORINVAL.

Boni

M. DE MORINVAL.

Je crains quelque mystère.

M. DE PLINVILLE.

A T autre!

M. DE MORINVAL.

J’ai, je crois, le malheur de déplaire A votre nièce.

M. DE PLINVILLE.

Eh ! mais, vous êtes singulier :

Ma nièce fait de vous un cas particulier.

Et d’ailleurs il suffit que ma fille vous aime.

M. DE MORINVAL.

Mais êtes-vous bien sûr qu’Angélique elle-même?...

M. DE PLINVILLE.

Ëhl puisqu’elle consent à vous donner sa main...

M. DE MORINVAL.

J’ai peur qu’elle ne forme à regret cet hymen.

M. DE PLINVILLE.

Vos frayeurs, entre nous, ne sont pas raisonnables.

M. DE MORINVAL.

Si fait : je ne suis point de ces gens fort aimables :

Je ne suis plus très-jeune.

M. DE PLINVILLE.

Avez- vous cinquante ans?

M. DE MORINVAL.

Non pas encore.

M. DE PLINVILLE.

Eh bien! ce n’est plus le printemps,

L’ OPTIMISTE

Mais ce n’est pas l’hiver. Ma fille est douce et sage: Elle aimera bien mieux un époux de votre âge.

M. DE MO RI N VAL

Je ne sais... Cependant elle me parle peu.

M. DE PLIN VILLE

Elle n’est point parleuse, et j’en rends grâce à Dieu.

M. DE MORINVAL.

Je ne lui trouve pas cet air satisfait, tendre...

M- UE PLIN VILLE

joutez ; à notre âge, il ne faut pas s’attendre ides transports d’amour...

M. DE MORINVAL.

Non, mais...

M. DE PLIN VILLE

x Vous lui plaisez,

\>us avez son estime : eh bien! vous Fépousez. âÿ vais vous confier le bonheur de ma fille % nous ne ferons plus qu’une seule famille.

Déjà depuis longtemps nous étions bons amis, Séparés par l’humeur, par le cœur réunis.

Vous me grondez toujours, et toujours je vous aime. Vous me convenez fort, je vous conviens de même. Yous avez, comme moi, naissance, bien, santé :

Il ne vous manque plus qu’un peu de ma gaîté ;

Mais c’est un beau secret que vous allez apprendre ; On doit devenir gai quand on devient mon gendre.

(il prend Morinval sons le bras, et sort avec lui.)

Page 1