M. BELFORT, M. DE PLINVILLE, MADAME DE ROSELLE
M. DE PLINVILLE, à M. Belfort.
Bon ! vous eous retirez en me voyant? pourquoi?
Eh! mais, ne faites point d’attention à moi.
Du matin jusqu’au soir je viens, je me promène;
Vers ce lieu-ci, surtout, un penchant me ramène.
MADAME DE ROSELLE
J’y viens souvent aussi. C’est un joli berceau,
Solitaire et pourtant très-voisin du château.
M. DE PLINVILLE.
Vous-même, cher Belfort, c’est ici, ce me semble,
Que vous et votre élève étudiez ensemble.
M. BELFORT
Oui, monsieur, très-souvent.
L’OPTIMISTE
M. DE PLINVILLE.
Et vous avez raison.
Voici, je crois, bientôt l’heure de la leçon.
(A madame de Roselle.)
Angélique est savante : elle lit les poëtes.
(A M. Belfort.)
Moi je l’ai toujours dit : jeune comme vous l’êtes,
On enseigne bien mieux : rien n’est plus naturel.
•4 Vous êtes, sans mentir, un bienheureux mortel !
Vous avez pour élève une jeune personne,
J’ose le dire, aimable, aussi belle que bonne.
Vous habitez d’ailleurs le plus charmant pays!...
Je vous traite aussi bien qu’on traiterait un fils.
Il est aisé de voir que ma femme vous aime.
Chacun en fait autant; et ma fille elle-même,
Quand on parle de vous...
M. BELFORT, très ému.
Elle me fait honneur,
Monsieur... assurément... je sens tout mon bonheur. Je ne puis exprimer... Pardon, je me retire.
M. DE PLINVILLE.
Allez, j’entends fort bien ce que cela veut dire.
MADAME DE ROSELLE, à part.
Ah ! mon cher oncle, moi je l’entends mieux que vous.