‹ [Œuvres choisies]Chapitre 276 sur 558 · ACTE II, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII

MADAME DE R OS ELLE

Égoïsme ? mon oncle un égoïste, ô ciel ! il a, je vous l’avoue, un heureux naturel :

Mais s’il prend très-souvent ses maux en patience. Meme gaîment, a-t-il la même insouciance,

Quand il s’agit des maux et des revers d'autrui?

Quel est le pauvre enfin qui n’ait un père en lui ? de conçois, en effet, que mon oncle, à la ronde Faisant autant d’heureux, croie heureux tout le iM>nde.

(Regardant Angéüqne arec intérêt.)

Il peut bien se tromper sur le choix des moyens D’assurer son bonheur et le bonheur des siens :

Mais son intention est toujours droite et pure;

Et je souhaiterais à tel qui le consure,

Et la même franchise et la même bonté.

MADAME DE PLINVILLE.

Eh ! mais quelle chaleur ! il semble en vérité !...

MADAME DE ROSELLE

Que du nom d’O ptimiste en riant on le nomme ;

Mais qu’on dise que c’est un honnête, un digne homme.

MADAME DE PLINVILLE.

Qui vous dit le contraire?

Oh ! personne ; mais quoi !

L’entendre ainsi louer est un plaisir pour moi,

Je ne m’en défends pas.

MADAME DE PLINVILLE.

Fort bien, mademoiselle ; Mais la leçon d’anglais, quand commencera-t-elle?

ANGÉLIQUE

Je croyais rencontrer monsieur Belfort ici.

MADAME DE PLINVILLE.

Eh bien ! de son côté, Belfort vous cherche aussi.

ANGÉLIQUE, roulont sortir.

Je vais...

MADAME DE PLINVILLE.

Où ? le chercher au bout de l’avenue ? Perdez tout votre temps en allée et venue.

L OPilMI To.

L’OPTIMISTE

Je retourne au château ; je vais vous l’envoyer. Attendez-le, et songez à bien étudier ;

Car vous vous mariez dans quelques jours peut-être : Il faudra bien qu’alors vous vous passiez de maître.

(Ellosort.)

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