‹ [Œuvres choisies]Chapitre 277 sur 558 · MADAME DE ROSELLE, ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

MADAME DE ROSELLE, ANGÉLIQUE

MADAME DE ROSELLE

Je vous possède donc pour un petit moment.

On ne peut vous parler, ni vous voir seulement.

Il semble, en vérité, que vous fuyez ma vue :

C’est cependant pour vous qu’ici je suis venue.

ANGÉLIQUE

D’un tel empressement mon cœur est pénétré.

MADAME DE ROSELLE

En ce cas, prouvez-moi que vous m’en savez gré. De ma jeune cousine on me vantait sans cesse L’enjoûment, la beauté, la grâce, la finesse.

Je trouve bien l’esprit, la grâce, les appas ;

Mais, quant à l’enjoûment, je ne le trouve pas.

ANGÉLIQUE

Vous me flattez. Pour moi, s’il faut que je le dise, Plus agréablement je fus d’abord surprise;

Car tout ce que je vois est encore au-dessus...

Ne me louez pas tant, et riez un peu plus.

Faut-il donc vous prier d’être gaie à votre âge, Surtout quatre ou cinq jours avant le mariage? Le mari dont pour vous vos parents o^t fait choix Mérite votre amour, ou du moins je le crois.

ANGÉLIQUE

Il est fort estimable.

MADAME DE ROSELLE

Oh ! tout à fait, ma chère.

Et vous formez ces nœuds avec plaisir, j’espère ?

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