‹ [Œuvres choisies]Chapitre 291 sur 558 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, M. DE MORINVAL, M. BELFORT.

Celui-ci a la main enveloppée d’un ruban noir.

M. DE PLINVILLE.

Ah! bonjour, mes amis.

( A Morinval, d’un air mystérieux.)

Mais, quels progrès vous faites !

M. DE MORINVAL.

Comment? que dites- vous?

M. DE PLINVILLE.

Trop heureux que vous ôtes!

M. DE MORINVAL.

Ce n’est pas mon défaut, cependant... Vous riez ?

M. DE PLINVILLE.

On vous aime cent fois plus que vous ne croyez ;

Et l’on vient de me faire un aveu...

ANGÉLIQUE

Quoi, mon père?...

M. DE PLINVILLE.

* Non, tu voudrais en vain me prier de me taire.

Après tout, Morinval est ton futur époux.

Belfort est notre ami : nous le chérissons tous.

Sans doute il est charme que Morinval te plaise. N’est-il pas vrai, monsieur?

M. BELFORT, d’un air contraint.

Qui? moi ? j’en suis fort aise.

M. DE PLINVILLE.

Sachez donc...

ANGÉLIQUE

C’en est trop. Je ne puis...

M. DE PLINVILLE.

Il suffit.

Je me tais ; mais je crois en avoir assez dit.

M. DE MORINVAL.

Mon bonheur est trop grand, pour qu’ici je le croie:

Je n’ose me livrer à l’excès de ma joie,

M. DE PLINVILLE.

Allons, doutez encor! Mais quel homme! En ce cas, Vous mériteriez bien qu’on ne vous aimât pas.

Et vous, mon cher Belfort, comment va la blessure?

M. BELFORT, arec un chagrin concentré.

Ah! je n’y songeais pas, monsieur, je vous assure.

M. DE PLINVILLE.

Je n’oublîrai jamais ce généreux secours.

M. BELFORT

Monsieur, sans nul regret j’aurais donné mes jours, fuis... ces blessures-là ne sont pas dangereuses.

M. DE PLINVILLE.

0*est dommage, mon cher, qu’elles soient douloureuses.

M. BELFORT

Celle-ci doit, du moins, avant peu se guérir :

Trop heureux qui n’a pas d’autres maux à souffrir!

(Il sort.)

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