M. BELFORT, MADAME DE ROSELLE
MADAME DE ROSELLE
C’est vous, monsieur! quoi! seul? pourquoi n’avez-vous Amené votre père? [pas
l’optimiste 6
L’OPTIMISTE
M. BELFORT
Il est à deux cents pas,
Au bois de Rochefort.
MADAME DE ROSELLE
Qui l’empêchait, de grâce,
De venir avec vous jusque dans cette place?
M. BELFORT
Sn voici la raison : il diffère d’entrer.
Parce qu’il ne veut pas encore se déclarer D’abord je vous annonce une grande nouveq0 .
La fortune pour lui cesse d’être cruelle.
Le jeu le ruina : par un nouveau retour,
Le jeu, plus que jamais, l’enrichit en ce jour.
Et moi, sentant qu’enfin mon sort n’est plus le même, Qe je puis, au contraire, enrichir ce que j’aime,
J’ai tout dit à mon père. Il approuve mon feu,
Et consacre à son fils tout le produit du jeu.
MADAME DE ROSELLE
C’est le placer fort bien.
M. BELFORT
Ce n’est pas tout encore.
On aime à se vanter de ce qui nous honore.
J’ai parlé des bontés que vous aviez pour moi;
Et je vous ai nommée... « O ciel (dit-il) eh quoi?
« Madame de Roselle ! elle doit m’être chère :
« Une tendre amitié munissait à son père. »
Enfin il veut vous voir, il veut vous consulter.
MADAME DE ROSELLE
Un tel empressement a droit de me flatter.
M. BELFORT
Sur moi, dit-il, il a quelques desseins en tête.
Ainsi vous comprenez le sujet qui l’arrête.
Avant de voir personne, il voudrait vous parler.
MADAME DE ROSELLE
Au bois de Rochefort hâtons-nous donc d’aller.
M. BELFORT
Ah ciel ! je vois venir l’adorable Angélique.
Permettez qu’avec elle une fois je m’explique.