‹ [Œuvres choisies]Chapitre 349 sur 558 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

M. d’oRLANGE.

J’ai trouvé deux chemins,

L’un vraisemblablement conduisait à Moulins,

Et l’autre dans un bois d’assez belle apparence. Moi, j’ai toujours aimé les bois de préférence.

Je choisis celui-ci.

m. d’orfeuil.

Vous fîtes bien, ma foi.

L’autre mène à Moulins, et celui-ci chez moi. m. d’orlange.

Je m’en sais trop bon gré. Dans cette conjoncture, Tout est heureux pour moi... jusqu’à mon aventure De voleurs, que je veux vous conter.

m. d’orfeuil.

Ah ! fort bien.

J’attendais les voleurs.

m. d’orlange.

Je vois... je ne vois rien ; Mais j’entends près de moi...

M. d’orfeuil.

Des voleurs ?

m. d’orlange.

Ils accourent

Et mon valet s’enfuit.

m. d’orfeuil.

Le poltron !

m. d’orlange.

Ils m’entourent.

m. d’orfeuil.

Que fîtes-vous alors ?

m. d’orlangeï

J’étais seul contre dix.

Je pris pourtant un ton très-ferme, et je leur dis :

« Messieurs, que me veut-on ? ma bourse? on peut la

[prendre.

* S’agit-il de mes jours? je saurai les défendre. »

Je tire alors ma bourse, et je la jette en l’air ;

Et bientôt je saisis mes armes.

LES CHATEAUX EN ESPAGNE

M. D ORFEUIL.

Bon.

m. d’orlange.

Les étonne.

Mon air

m. d’orfeüil.

Fort bien.

m. d’orlange.

Un moment ils se taisent.

L’un d'eux enfin me dit: «r Les braves gens nous plaisent. « L’argent, nous le gardons, nous en avons besoin : « Mais attaquer vos jours? nous en sommes bien loin. « Venez, nous vous servons et de guide et d’escorte. » Ils m’ont tenu parole, et jusqu’à votre porte Us m’ont suivi ; voilà ce qui m’est arrivé.

M. d’ ORFEUIL.

(a part.)

Le récit est piquant. On ne peut mieux trouver.

(Haut.)

Monsieur, vous m’avez l’air d’un digne et galant homme. Et... de grâce, peut-on savoir comme on vous nomme?

D’Orlange.

m. d’orfeuil.

Bon. Monsieur d’Orlange, allons, venez.

Ma fille avec plaisir vous verra.

M. d’orlange.

Pardonnez,

Si je suis indiscret. Vous n’avez qu’une fille? m. d’orfeuil.

Une seule, monsieur; c’est toute ma famille,

Ma seule joie; aussi je l’aime uniquement.

M. d’orlange.

Et vous êtes payé d’un tendre attachement,

Sans doute?

m. d’orfeuil.

Je le crois. Elle est sensible, aimante. Ce sera, je l’espère, une femme charmante.

2i ne m’appartient pas., monsieur, de la louer;

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