ACTE I, SCÈNE X
Henriette est aimable, il le faut avouer.
Mais ce sera pour vous une peine cruelle,
Lorsqu’un jour il faudra que vous vous priviez d’elle?
A». DORFEUIL
Je voudrais que mon gendre ici pût demeurer.
Mais, s’il faut de ma fille enfin me séparer,
Je saurai me résoudre à cette perte affreuse ;
Je m’en consolerai si ma fille est heureuse,
Et si son mari l’aime...
m. d’orlange.
Eh quoi ! vous en doutez ?
J’en répondrais pour lui.
m. d’orfeuil.
Vous me le promettez ?
m. d’orlange.
Assurément.
Venez.
m. dJ’orfeuil.
Fort bien. Vous allez la connaître :
Bon !
m. d’orlange.
Je ne suis pas en état de paraître.
m. d’orlange.
Pour me débotter, je demande un moment.
AI. d’orfeuil.
Je vais donc vous conduire à votre appariement ;
Car vous êtes chez vous, monsieur, daignez le croire.
AI. D ORLANGE, d’un accent très-prononcé.
Monsieur ! les anciens, dont on vante l’histoire, Remplissaient les devoirs de 1 hospitalité Avec moins de franchise et moins de loyauté. m. d’orfeuil.
Ces devoirs à remplir n’ont rien que do facile A tous les voyageurs ici j’offre un asile,
De bon cœur : après tout, rien n’est plus naturel. Parmi ces voyageurs, il s’en présente... tel Qui, de tout le passé, me paxe avec usure.
LES CHATEAUX EN ESPAGNE
Etablissez-vous donc ici, je vous conjure.
m. d’orlange.
(A part.)
Monsieur !... Il est vraiment aimable tout à fait.
M. D’ORFEUIL, à part.
De mon gendre je suis déjà très-satisfait.
(lis sortent ensemble.)