MADEMOISELLE D ’ O R F E U I L
Rassurez-vous, monsieur: Justine, en s’amusant,
A peint une coquette, et non... votre future.
JUSTINE
Quoi ! seriez-vous, monsieur, jaloux par aventure? m. d’orlange.
Peut-être, un peu.
MADEMOISELLE d’ORFEUIL.
Pourtant il faudrait, entre nous,
Ou n’être point volage, ou n’ètre point jaloux ;
Sinon, vous aurez peine à trouver une femme. m. d’orlange.
Aussi je le sens bien dans le fond de mon âme ;
Je suis fait pour l’amour, mais très-peu pour l’hymen.
JUSTINE, à part.
De bonne foi, du moins, il fait son examen.
Je dis ce que je pense ; excusez ma franchise.
mademoiselle d’orfeuil.
Moi je vous en sais gré, s’il faut que je le dise.
En de tels sentiments j’ai regret de vous voir ;
Mais je suis très-charmée, au fond, de le savoir. m. d’orlange.
Laissons donc là l’hymen, et parlons d’autre chose Aussi bien, ce serait s’inquiéter sans cause.
LES CHATEAUX EN ESPAGNE