MADEMOISELLE D’ORFEUIL, M. DE FLOR- VILLE
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Vous vous êtes, dit-on, promené de bonne heure, Monsieur ?
M. DE FL OR VILLE
J’ai parcouru cette aimable demeure :
Elle paraît charmante.
MADEMOISELLE D’ORFEUIL.
Ah ! charmante !... Ces lieux N’ont rien que de champêtre.
M. DE FL OR VILLE
Ils m’en plaisent bien mieux.
Je hais ces beaux châteaux et leur vaine parure :
Non, il n’est rien de tel que la simple nature.
Monsieur aimerait donc ce paisible séjour?
M. DE FLORVILLE
Je le préférerais à la ville, à la cour;
J’aime les prés, les bois, surtout la solitude.
Là, sans ambition et sans inquiétude,
Dans un parfait repos, dans un calme enchanteur,
Loin d’un monde importun, et seul avec mon cœur,
Je sens que, si j’avais une aimable compagne,
Je passerais ma vie au sein de la campagne.
LES CHATEAUX EN ESPAGNE
MADEMOISELLE d’ORFEUIL.
Dans vos souhaits, monsieur, je retrouve mes goûts. J’aime aussi la retraite.
M. DE FLORVILLE
Oui ; mais expliquons-nous :
J’entends une retraite isolée et profonde,
Et non celle où toujours le voisinage abonde.