MADEMOISELLE DORFEUIL
Ce n’est pas celle-là que je veux dire aussi, # . Monsieur, et nous voyons très-peu de monde ici.
M. DE FLORVILLE
Sans doute, je le crois, puisque vous me le dites : Mais, en un soir, voilà cependant deux visites.
MADEMOISELLE d’ORFEUIL.
Oui, qui nous ont surpris fort agréablement,
Mais que mon père et moi n attendions nullement.
M. DE FLORVILLE
Pas même la première ? Eh quoi ! mademoiselle,
Ce monsieur qui d’abord m’a montré tant de zele N’est donc qu’un voyageur égaré?
MADEMOISELLE d’ORFEUIL..
Je le vois,
Ainsi que vous, monsieur, pour la première fois.
M. DE FLORVILLE
Ce jeune homme... paraît on ne peut plus aimable, Mademoiselle.
MADEMOISELLE D ORFEUIL.
Il est d’une humeur agréable;
Et le premier coup d’œil, en effet, est pour lui.
M. DE FLORVILLE
Mais c’est déjà beaucoup, et surtout aujourd’hui...
MADEMOISELLE d’ORFEUIL.
Nous parlions des plaisirs qu’à la campagne on goûte. Vous les peignez si bien! et moi, je vous écoute En personne qui sent tout ce que vous peignez.
Ges innocents plaisirs, ailleurs trop dédaignes,
Je les savoure ici : j’y vis très-solitaire.
Une autre trouverait cette retraite austère :
Eh bien! ma solitude a pour moi des appas.