ACTE QUATRIÈME
M. D’ORFEEUIL, M. D’ORLANGE.
M. D’ORLANGE, l’amène mystérieusement.
Bon. Je puis donc ici vous parler sans témoin,
Et vous ouvrir mon cœur; car j’en ai grand besoin.
M. d’ORFEUIL. sourit.
Quel est donc ce mystère?
m. d’orlange.
Ah ! si vous pouviez lire
Dans ce cœur?
M. d’ORFEUIL, toujours de même.
Vous avez quelque chose à me dire, Je le vois; mais saurai-je à la fin ce secret?
m. d’orlange.
Oui ; c’est assez longtemps avoir été discret.
M. d’ORFEUIL.
Sans doute; puis, pour vous je suis porté d’avance, Et je vous saurai gré de votre confiance.
m. d’orlange.
Eh bien ! puisque je peux librement m’exprimer, Votre chère Henriette a trop su me charmer.
M. D ORFEUIL.
Vraiment?
M. D’ORLANGE,
Elle est aimable, et moi je suis né tendre : En un mot. je l’arlore et si j’osais prétendre A sa main, cet hymen ferait tout mon bonheur,
M. n’ ORFEUIL.
Monsieur... assurément vous me faites honneur. m. d’orlange,
Vous trouvez ma demande un peu prompte, peut-être; Mais il est naturel de se faire connaître.
Bon!
M. D ORFEUIL.
M. D ORLANGE.
Mon nom... ^
M. n’ORFEUIL.
M’est connu m. d’orlange.
Mon oncle...
m. d’orfeuil. C’est assez;
Abrégeons un détail inutile : avancez.
M. D’ ORLANGE.
Mais...
M. ü' ORFEUIL.
Je connais fort bien toute votre famille.
Vous dites donc, monsieur, que vous trouvez ma fille...?
m. d’orlange.
Ah! monsieur, adorable.
m. d’orfeuil.
Allons, j’en suis charmé;
Et d’elle, à votre tour, croyez-vous être aimé? m. d’orlange.
Je m’en flatte.
M. d’orfeuil.
, Moi-même aussi je le soupçonne.
Ecoutez, je vais voir notre jeune personne;
J’espère que tous trois serons bientôt d’accord.
Car, si vous lui plaisez, vous me convenez fort.
(il sort.)