SCÈNE I
M. D’ORLANGE, seul.
Victor est donc parti! je crois qu’il l’atteindra; Et s’il l’atteint, sans doute il le ramènera.
Mon billet est pressant. Je fais un sacrifice, Cruel, mais qu’après tout il fallait que je fisse. D’une méprise, moi, je ne puis abuser.
Cet homme est le futur; c’est à lui d’épouser.
LES CHATEAUX EN ESPACxNE
Florville épousera, car j’en fais mon affaire.
Je n’ai qu’une frayeur, et c’est d’avoir su plaire.
Mais Florville est fort bien. Il a d’ailleurs des droits. Puis, je vais disparaître. Avec le temps, je crois,
On pourra m’oublier... comme amant; car sans doute De ce château souvent je reprendrai la route ;
Il est si doux de voir les heureux qu’on a faits !
Ah ! l’accueil qui m’attend paiera tous mes bienfaits. Dès qu’onmevoit, cesontdes transports d’allégresse!... On vole à ma rencontre, on accourt, on s’empresse,
Et le père, et le gendre, et les petits enfants.
Henriette me dit... que ces mots sont touchants !
« Mon ami, vous voyez la plus heureuse mère !...
« Je vous dois mon bonheur, mes enfants et leur père.» Serais-je plus heureux si j’étais son époux?
Quelqu’un vient : c’est le père, allons, amusons-nous, En attendant Victor.